Moment surréaliste ce jeudi soir 3 janvier, au journal de 20 Heures, où l’on diffuse une interview des parents des deux jeunes fugueuses rentrées d’un mois de “scoutisme” et de vie au grand air sur le site de Notre-Dame des Landes.
Traitées en héroïnes modernes par les médias, les deux gamines ont finalement regagné leur foyer. La mère de Geneviève, la plus récalcitrante, est allée retrouver sa fille en terrain neutre, dans un café nantais. En effet, malgré la plainte et la présence policière autour du campement que certains tentent de transformer en un véritable “Larzac bis”, le procureur de la République de Haute-Loire avait donné ordre de ne pas intervenir. De quoi s’interroger sur la notion de majorité dans ce pays…
Le plus surréaliste, donc, est la déclaration de sa mère, veuve, qui a dû faire 650 km pour aller rencontrer sa fille. Elle raconte : « Une fois sortie du bistro, j’ai dû encore renégocier… Non pas avec Geneviève qui était convaincue et qui souhaitait bien sûr rentrer, mais avec les personnes qui l’accompagnaient ».
Les personnes qui l’accompagnaient ! – et dont on comprend qu’elles ne souhaitaient pas, elles, que la jeune fille rentre à la maison. Mais à quel titre ? Avec quelle autorité ? Celle de chefs de camp, peut-être, de chevelus crasseux transformés le temps d’une fugue en mentors ? On croit rêver.
Que les adolescents aient des songes où « tous les gars du monde pourraient se donner la main », c’est normal et c’est tant mieux. C’est une étape structurante de la vie, comme disent les psys. Quand la dénommée Geneviève sert sa soupe neuneu au Parisien, pas de quoi s’étonner : « Je me considère comme une anarchiste. J’ai commencé par être communiste, mais je me suis rendu compte que ce système a échoué dans les pays où il avait été appliqué. J’aime le partage, le fait de ne pas penser qu’à soi. Ici, on vit en communauté, et ça me plaît. Ensuite, je me reconnais dans le combat des anti-aéroport, un projet qui menace la nature sans être nécessaire. On défend une cause juste. » Plus inquiétant est le fait que le Parisien s’en fasse l’écho, comme s’il s’agissait là du nouveau Descartes.
Son amie Camille, récupérée par ses parents la semaine passée, a confié avoir vécu là « une expérience riche » partagée avec des routards « sous une yourte collective ». On peut craindre qu’elle n’ait pas partagé que la yourte. Pire : ses parents viennent de porter plainte pour coups et blessures contre ces valeureux militants humanistes. Ainsi, France Info révélait-il ce vendredi dernier : « Selon le récit des parents, lorsque l’adolescente est montée dans la voiture pour rentrer chez elle, “un homme caché derrière bonnet et écharpe a hurlé « Alerte ! Enlèvement d’enfant !”, et ont surgi des individus cagoulés armés de bâtons et d’une pelle”. Le père et la mère de Camille, mais aussi son frère, également présent, auraient été violentés. “C’était absolument affreux. C’était extrêmement violent. Nous avions l’impression qu’ils étaient là pour casser sans retenue” affirme la mère de Camille, Dominique. »
Au delà du cas de ces deux jeunes filles, on est terrifié par l’indigence de tout cela, l’absence de réflexion, l’absence de pensée. La facilité avec laquelle on mène le troupeau nourri au prêt-à-penser, la manière dont on érige cette bouillie en argumentaire politico-philosophique. Ce qui fait remonter à la mémoire cette anecdote.
Il y a quelques années, au moment d’une de ces énièmes réformes des programmes scolaires, on avait eu droit à un micro-trottoir sur la suppression des cours de philo dans certaines sections de terminale. Interrogée, une lycéenne avait fait cette merveilleuse réponse : « La philo c’est fait pour apprendre à penser. Aujourd’hui on pense tous, alors on peut la supprimer. » Et ce n’était pas de l’humour.
MARGUERITE

Nos vœux pour 2013 : et si l’on relocalisait la France ?
Et oui, la notion d’ »autorité parentale », c’est pas mignon, c’est pas fun, il fallait la ringardiser puis la dézinguer. On voit le résultat aujourd’hui… Mais au fait, ce qu’exercent ces adultes militants sur cette jeune fille mineure, c’est quoi, si non une autre forme d’autorité ?
C’est po faux!