Le ronron du CAC 40 « Nous ne sommes pas du même monde ! »

par Fils de France

LEVY

« Nous ne sommes pas du même monde ! »

On connaît tous ce slogan d’une marque de rillettes, version urbaine et contemporaine de l’antique « on n’a pas gardé les cochons (ou les vaches, ou les chèvres, ou les oies) ensemble ».

La publicité donc. Ce qu’elle dit et ce qu’elle sous-entend, l’affiché et le subliminal, le signifiant et le signifié, le premier plan et ce qui se cache derrière… Voilà un monde que Maurice Lévy, actuel président du Directoire de Publicis, connaît bien.

Classé cinquième patron le mieux payé de France en 2010, grosse fortune personnelle, Maurice Lévy est l’une des grandes pointures du CAC 40, et c’est en sa qualité de président de l’Afep, l’Association française des entreprises privées – elle regroupe en fait les cent plus grandes entreprises françaises –, qu’il organise aujourd’hui au Carrousel du Louvre un colloque sur la compétitivité française. Sujet passionnant s’il en est, surtout en cette période de campagne. Y sont donc invités les candidats à la présidentielle afin qu’ils puissent présenter leurs propositions aux grands patrons.

Enfin, pas tout à fait “les” candidats puisque Monsieur Lévy n’en a sélectionné que trois : François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

À Yves Calvi qui, sur RTL, lui demandait pourquoi seuls ces trois là étaient conviés, et pas Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, par exemple, M. Lévy a répondu : « Nous avons invité ceux qui ont des chances d’être au second tour ». Curieuse réponse, car aucun sondage, pour l’heure, ne met Bayrou dans le trio de tête ! Marine Le Pen, en revanche, y figure depuis un an. Elle a même parfois devancé Sarkozy. Quant à Mélenchon, il talonne sérieusement le candidat Bayrou et pourrait bien le battre dans les urnes. Faut-il croire alors que pour Monsieur Lévy et ses amis de l’Afep, les propositions de ces gens-là ne méritent même pas d’être exposées ?

À Yves Calvi qui insistait sur l’absence de Marine Le Pen dont les scores sont toujours estimés autour de 17 %, Maurice Lévy a répondu : « Nous n’avons retenu que les candidats qui défendent des valeurs républicaines ». Encore un slogan publicitaire, en somme, lequel en dit long sur les valeurs républicaines de ce monsieur et de ses amis de l’Afep, en premier lieu sur leur respect de la démocratie.

La raison fondamentale de ce choix, on l’a bien comprise : ces gens-là – Le Pen et Mélenchon – ne sont simplement pas du même monde. Si Maurice Lévy invite Hollande, Sarkozy et Bayrou, c’est parce qu’à ses yeux ils sont interchangeables. Ils appartiennent au Club ; à la Firme, voire. Sont sans danger pour l’Oligarchie qui cuisine loin des peuples. À quelques nuances près, ils feront sans doute exactement où on leur dit de faire.

Le plus scandaleux, au fond, c’est que M. Lévy n’a même pas cherché à maquiller les choses. Il aurait pu sélectionner ses candidats sur un seuil minimum, 12 à 15 % d’intentions de vote par exemple. Il ne l’a pas fait, preuve que ces gens là n’ont même pas l’économie du mépris !

Fils de France

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